• Ceiba insignis, Chorisia insignis

     

    Je suis originaire d’Amérique du sud. On me surnomme Fromager et aussi vue la forme de mon tronc arbre bouteille. Les hommes me considérant comme simple produit et objet de décoration ils m’ont forcé à quitter ma terre natale où j’avais grandi avec joie. Déraciné et replanté en terre lointaine, me voilà aujourd’hui à couler mes vieux jours sur la plage des « sablettes » à Menton, les pieds sous un plancher à la mode Merlin Pinpin de mes cousins bois exotiques et ma tête à contempler l’été des milliers de lézards touristiques allongés sur une serviette de bain.

    Originaire d’Amérique du sud, je suis actuellement l’unique  espèce reconnue du genre Chorisia. Mon climat préféré est de type tropical. Des températures de 20° à 25° en milieu humide me sont idéales. Hélas à Menton en ce mois de novembre 2019 il fait une dizaine de degrés la nuit et 14° à 15° le jour et il pleut abondamment des eaux à 9°. Je souffre en silence car dans mon pays d’origine en décembre c’est l’été la saison chaude et humide. Et la saison fraîche et sèche en juin d’ici. Je souhaite vivement ici bas, le retour du printemps plus conforme à mes souhaits de vie. Hélas, comme un lion en cage dans un cirque ambulant, les hommes n’ont que faire de ma déshérence, seul le plaisir d’admirer mon tronc ventru sous climat méditerranéen compte pour eux.

    Mes feuilles caduques 5 à 7 lobes d’environ 15 centimètres de long tombent pendant la saison sèche. Je ne devrais donc actuellement plus avoir de feuillage puisqu’ici c’est la saison fraîche. Déboussolé par toutes ces pluies de novembre je les ai gardées et même je commence à refleurir. Mes fleurs jaunes devraient apparaître en fin de saison sèche et dépourvu de tout feuillage. Je ne sais plus en quelle saison je vis. Comme une panthère en cage sous un chapiteau de cirque, je souffre, mais le plaisir des hommes est plus fort que mon respect de vie. Frères des hommes, les végétaux ne sont plus à leurs yeux que des biens mobiliers ou de décoration sans aucune considération d’être vivant.

    Vais-je réussir à m’adapter ici? Peut-être, car le dérèglement climatique qui ne joue pas en la faveur de ceux qui m’ont déraciné, pourrait m’être favorable. Hommes continuez à injecter des gaz à effet de serre, vous m’aiderez ainsi à pérenniser mes descendants aux « Sablettes de Menton » , si je parviens à donner mes poires renfermant des graines cotonneuses de vie.  

     

         

     

      

     


  • Commentaires

    1
    Vendredi 22 Novembre 2019 à 11:35

    Pauvre bonhomme !

    2
    Vendredi 22 Novembre 2019 à 11:48

    Tout comme certains animaux qu'on déracine .. pour cet arbre, on pourrait dire qu'il est en captivité aussi

    3
    Samedi 23 Novembre 2019 à 15:24

    Bonjour mais qu'il est sublime cet arbre je lui souhaite quand même une longue vie et bon courage pour l'avenir se sont des très belles photos bon samedi bisou Claudine DANIEL

    4
    Mardi 3 Décembre 2019 à 15:52
    francinea

    évidemment c'est un très bel arbre, mais il n'est pas fait pour vivre sous nos latitudes, fut-ce à Menton ! on marche vraiment sur la tête

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