• A pas feutrés sous la couette blanche de février, le printemps couve. A pas de chat botté en mars , il accélère. Le bonheur made in joie de vivre se conjugue au présent. Ce matin, croisé du regard au jardin, il est bien présent.

    Les jonquilles déjà s’évanouissent et cèdent la place aux tulipes.

     

    Dans une potée de terre cuite, des narcisses tête à tête s'admirent mutuellement. Ils s'échangent en direct leurs selfies clonés.

    Les violettes s'accrochent encore à leur floraison parfumée ville de grasse et semblent mariées aux primevères.

     

    Un pied d'arum aux délicieuses fleurs mandarines valse en compagnie des marguerites du Cap. Le carnaval des couleurs d'un printemps retrouvé s'offre comme un hymne à la joie.

     

    Sous leurs jupes mauves et gaufrées les jacinthes enivrent bourdons et abeilles.

    Ces dernières, à la ruche engrangent leurs pelotes de pollens glanées de corolles en corolles, de pistils en pistils et d'étamines en étamines.

    Les cerisiers croulent sous une frondaison de pétales d'un blanc immaculé.

     

    Les premiers boutons de géraniums éclatent en sanglots d'un rouge sanguin.

    Le feuillage neuf des fusains dorés s'éclate en imitation bouquet jaune coronille. 

    Les tendres grappes de fleurs du poirier passe-crassane sont émouvantes de fragilité.

     

    Les lamiers en marées sauvages sont comme domestiqués dans un océan émeraude constellé d'étoiles d'un jaune à faire pâlir les rayons du soleil de cette fin mars.

     

    Comme des sucres d'orge en gestation, les fleurs de cognassier se chauffent sous une frêle carapace rose.

    En duo, les tulipes se pâment en éventails aux premiers rayons ardents.

     

    Un pied de renoncules s'éclabousse en rouge vermillon.

     

    Sous la véranda, les clivias se blottissent pour échapper aux dernières gelées blanches

    d'une lune rousse de mars qui en a la tonalité colorée sans en porter le nom. C'est la fête des fleurs au jardin , d'un printemps bien éveillé et joyeusement enfin retrouvé.

     

    Bonne semaine à toutes et tous.


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  • Accroupi au bord du sentier, l'enfant observe le sol d'un regard tendre et attentif. Une fourmi s'active à transporter vers son nid une feuille plus volumineuse qu'elle. L'enfant est perplexe. Comment fait elle ? Moi , mon seau de plage plein de sable, je ne peux plus le déplacer pour construire un château.

    La fourmi tire la feuille qui se déplace comme une planche à voile glissant sur l'herbe. Curieux et plein de condescendance , l'enfant du bout de son doigt tente de soulever la feuille. Mais la fourmi n'est pas prêteuse, elle projette une infime et invisible goutte d'acide formique sur l’intrus.

    Aussitôt, une vive piqûre chatouille le frêle petit doigt et l'enfant vexé pousse un :- « aïe ! » de réprobation. Cependant, tenace, il continu d'observer la progression du voyage de la fourmi. Tout à coup , il s'aperçoit qu'elle n'est pas seule. Une lente caravane de planches à voiles feuillues chemine vers le sous-bois. Des dizaines et bientôt des centaines de fourmis s'affairent vers un but inconnu de l'enfant.

    La canopée des herbes brouille la piste. C'est à ce moment là, qu'intervient le bourreau. Une large semelle de botte caoutchoutée tape dans le monticule à deux mètres de la lisière du bois. La fourmilière trépasse en moins de temps que le regard de l'enfant vers le monticule.

    -  « Oh non papa, c'était mon château d'esclaves. Pourquoi l'as-tu détruit ? ». La réponse du père fouettard : « Une de perdue, dix de retrouvées ». - « Non papa. Dix mille fourmis écrasées par toi, et pas une de ressuscitée par moi » . L'enfant rêveur et plein de compassion envers le vivant qui l'entoure, récupère l'âme des insectes écrasés et la promène en tête comme trophée fantôme.

    Le monde des adultes est raccordé à des années lumières de celui des enfants. Un mur d’incompréhensions les sépare. Les faits et gestes de nos enfants sont le reflet des nôtres. Soyons attentifs et n'oublions jamais qu'hier nous étions des enfants.

    Cette histoire est pure  fiction évaporée de mon imaginaire. Elle m'a été inspirée par celle de Geontran Son blog est pur bonheur.

    Bon jeudi 18 mars 2021 à toutes et tous.


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  • La coulée d'Oc partie Charente 

    Je vais vous parler d'un temps définitivement révolu. C'était le temps d'avant-hier. Loin, très loin des préoccupations et tracasseries de notre époque actuelle du temps d'un après corona envisagé cet été. Il s'agit de l'histoire d'un tout petit morceau du grand maillage du réseau des chemins de fer de France et de Navarre du XIXe et XXe siècle. L'histoire d'une voie ferrée devenue aujourd'hui voie piétonne et cycliste "Coulée d'Oc".

    La coulée d'Oc partie Charente

    Cette voie côtoie une charmante petite rivière, "Le Bandiat" qui recèle de splendides passages à gué romain.     

    La coulée d'Oc partie Charente

    Ouverte en 1883, désaffectée voyageurs en 1946 et abandonnée à la décrépitude en 1986, cette ancienne voie ferrée qui reliait le Quéroy à Nontron fut un temps très utile pour les échanges de marchandises et de relations humaines entre Angoumois et Périgord.

    La coulée d'Oc partie Charente

    Officiellement ouverte le 12 décembre 1881, elle aura nécessité 4 années de durs travaux entre Le Quéroy en Charente et St Martin le pin en Dordogne. Le prolongement jusqu'à La ville de Nontron en Dordogne fut finalement reliée à la Charente par cette voie ferrée le 5 août 1883. Sur les 19, 203 km de la partie charentaise, il aura fallu déblayer et remblayer manuellement des centaines de tonnes de terre et dynamiter tout autant de rochers . Dix maisonnettes de gardes-barrières et deux gares « Chazelles » et « Marthon » jalonnent ce parcours.

    La coulée d'Oc partie Charente 

    La gare de Chazelles de type « Charente » possède une halle en bois et permet les premières années de transporter quotidiennement du bétail. Certains trains spéciaux sont affrétés les jours de foire le 7 de chaque mois pour Chazelles et le 21 pour Marthon. En 1886, l'entreprise Dubroca, une importante scierie de pierres située au moulin Rigolland, construit un portique et une vingtaine de mètres de voie ferrée pour le transport des lourds blocs de pierres. Ce portique en cours de classement a fonctionné jusqu'en 1960.

    La coulée d'Oc partie Charente

    Par ailleurs cette voie réhabilitée depuis peu en voie verte, baptisée "Coulée d'oc", pour piétons et cyclistes a connu les heures sombres de la deuxième guerre mondiale. Entre juin 1940 et novembre 1942, Elle franchissait la triste ligne de démarcation, véritable frontière intérieure établie par l'occupant allemand suite à l'armistice du 22 juin 1940. La partie Nord était qualifiée de « zone occupée » par les autorités militaires et de polices allemandes . La partie sud « zone libre» regroupait 68 communes du département de Charente, dont Confolens. Ce territoire charentais libre fut arbitrairement rattaché administrativement à la préfecture de Limoges.

    La coulée d'Oc partie Charente

    Passer clandestinement cette ligne de démarcation n'était pas sans risques d’arrestations, d'emprisonnement, de déportation et même de mort. Des passeurs de courriers, des prisonniers de guerre évadés, des fugitifs, des familles juives et autres multiples personnes n'ont pas hésité à franchir l'interdit. Ce fut les résistants de première heure. Hélas le 11 novembre 1942, la zone libre fut envahie. Charente et France furent alors totalement occupées. A la libération, les 68 communes de Charente retrouvèrent définitivement leur attachement à la préfecture d'Angoulême.

    La coulée d'Oc partie Charente

    Aujourd'hui dimanche 14 mars 2021, mon épouse et moi avons parcouru à pieds une mince portion de cette charmante voie judicieusement bien restaurée. Des milliers de stellaires, en voie lactée terrestre, nous ont accompagné afin de ne pas perdre le nord du sud de cette zone définitivement libérée.

    La coulée d'Oc partie Charente

    Bonne semaine à toutes et tous.

    La coulée d'Oc partie Charente


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  • Depuis la nuit des temps, pintades sans plume ni cri strident comme les volatils de basse-cour, nos belles fritillaires chaque année arborent leurs clochettes renversantes et j'en suis tout renversé d'émotion. Quel style pour attirer les prétendants butineurs ! Elles sont si belles et si fragiles que je n'ose, sauf des yeux, les toucher. Cette année elles ont un mois d'avance sur la date almanach  du facteur. Il y a trois semaines, un mètre d'eau les submergeait.  

    Pourtant chaque année je croise du regard des moissonneurs sans aucun scrupule qui en cueillent d'énormes bouquets. Oh ! sacrilège, ces plantes sauvages sont : " Espèce classée prioritaire dans la liste rouge de la société botanique du Centre-Ouest. Les fritillaires sont également protégées dans six régions de notre belle France et une trentaine de départements". Il est strictement interdit de les prélever pour en confectionner des bouquets.

    À l'entrée de cette zone classée Natura 2000 le panneau d'informations le précise bien clairement. Hélas ces quidams ne respectent rien. Ont-ils seulement le respect d'eux-mêmes ?

    Résultat année après année, le nombre de ces jolies princesses des sous-bois clair et humides va en diminuant drastiquement. Dommage, elles sont une des veilleuses de la biodiversité de ces lieux.

    De minuscules insectes rouges y sont associés : « le criocère du Lys ». Ils vont ainsi disparaître, n'ayant bientôt plus leurs compagne végétale hôte de vie sur terre. Décidément le monde d'aujourd'hui est renversant de stupidités.

    Bon week-end-end à toutes et tous.

     

    Mêmes lieux sur le même sujet. C'est  ICI et encore ICI 

     


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  • Officiellement sur l'almanach du facteur 2021, le printemps arrive le 20 mars à 9heures 37 minutes.

    Cette année encore , il a pris une bonne longueur d'avance pour se caler le 1 mars à zéro heure zéro minute et une seconde sur le calendrier de nos amis météorologistes.

    Le décalage est manifeste au jardin. Toutes les plantes s'éveillent à la floraison . Le printemps explose en une myriade de couleurs digne d'un arc en ciel végétalisé.

    Narcisses se dressent fièrement et s'éclaboussent d'un jaune à faire pâlir celui d'un petit caneton jaune juste sortit de sa chaude coquille protectrice.

    Les primevères s'offrent des tons variés parfois indescriptibles tellement que les accouplements consanguins des années précédentes ont été mélangés.

    Papillons, abeilles et autre gente ailée du règne des insectes en sont sûrement à l'origine. Finalement les grands peintres du tableau printanier sont l’œuvre d'une chitine en squelette inversé.

    Rebelles à l'hiver, les violettes sont reines jusque en bordure de trottoir. Elles y comptent le nombre de voitures qui leur envoient des gaz carboniques douteux pour leur bonne santé.

    Mais au fond du jardin elles tapissent l'herbe en une draperie odorante d'un bleu outre-mer profond.

    Les arbres à noyaux, notamment les pruniers sont les premiers à enchanter le ciel. Leur ramure foisonne d'une constellation étoilée comme pour rendre hommage à la voie lactée.

    Les premiers Roberts s'endiablent en papillons volages.

    Le printemps

    est bien là

    avant l'heure

    de l'almanach.

    Il va vite s'effacer pour céder la place à un été durable et sans pitié pour faner ce joli tableau ensoleillé.

     

    Bon

    mercredi

    3 mars 2021

    à

    toutes

    et

    tous.


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