•  


    Au milieu de l'immensité verte de la petite prairie classée Natura 2000, un drôle de coléoptère se goinfre d'herbe. Comme c'est la période des carnavals, il arbore sa plus belle tenue endimanchée, d'un beau bleu métallique pas très discret pour les oiseaux prédateurs de passage. Mais, de son nom imposé par les hommes, Monsieur Chrysolina s'en moque éperdument. Sa vie est courte et son camouflage bleu métallique signifie danger toxique pour les gourmands qui passent et qui voudraient le becqueter. Aussi broutons un maximum avant de retourner en terre se dit-il. D'ailleurs dans cet enchevêtrement de tiges, suspendu les pattes en l'air mon côté ventre est un peu moins voyant. Mon prénom toujours imposé par les hommes,  est coerulans. Je suis de petite taille : 6 à 9 millimètres de long, ma couleur est variable , le plus souvent bleutée ou noirâtre à reflets métalliques. Mon corps est trapu et, tel un boxeur au nez aplati des prairies humides, ma tête est enfoncée sous mon corselet. Comme j'aime la présence des cours d'eau ; ici sur les bords de La Charente, en lieu tranquille je vie ma vie pépère de coléoptère phytophage.

    De la grande famille des Chrysomèles, nous sommes très nombreux : 37000 espèces herbivores sur petite planète Terre. Très prédatés, nous avons opté comme chez Monsanto pour les armes chimiques défensives et parfois offensives. Suivant le cas , diffusion d’aérosols volatils répulsifs ou toxiques et aussi "saignée réflexe". Vous l'avez compris, nous vivons en symbiose profonde sur les plantes hôtes qui nous servent de gîte et de couvert. Nous sommes un maillon essentiel de la vie et Monsanto se met le doigt dans l’œil à vouloir nous éradiquer. Casser ce maillon, c'est s'exposer à terme à de graves famines pour les animaux et les humains. Laissez nous tranquille, cela fait des millions d'années que nous nous auto-régulons. Pas besoin de vous bipèdes à l'intelligence de plus en plus artificielle, pour nous limiter. Nous savons très bien le faire sans vous.

     

    Bonne semaine à toutes et tous.


    3 commentaires
  •  

    Quand mars est là, la belle fritillaire pintade est de retour. Plante printanière bulbeuse de la famille des Liliacées à floraison grégaire. Mais pour combien de temps encore ?... Année après année leur nombre diminue et bientôt se réduira à peau de chagrin, voir disparaîtra totalement. Dommage, c'est pourtant la reine des prairies alluviales inondables (60%), des sous-bois humides (15%) , (Aulnaies, frênaies). Et le reste ça et là sur les bords des chemins boueux que beaucoup d'humains répugnent.

    En effet pour s'épanouir « Fritillaria meleagris » à besoin d'eau, beaucoup d'eau. Et de l'eau surtout propre et pure . Hélas, 96% de nos rivières et lacs français sont souillés. Ce n'est plus de l'eau, mais un macérat aqueux de produits chimiques toxiques divers et variés (merci Bayer-Monsanto, industries pétrochimiques ) qui peu à peu asphyxie plantes, animaux et hommes inclus. Communément appelée Tulipe sauvage, elle porte de jolis noms patois évoquant sa forme et sa couleur : Coquelourde, Chaudron, Coccigrole, Damier, Paloube, Bonnet d'évêque et bien d'autre encore selon les localités de notre belle France humide oubliée des manuels scolaires et des lois jambes de bois sur pieds d'argile de la République.

    Le Poitou-Charentes est gâté . De nombreuses petites stations se répartissent sur son territoire. Chaque année des larmes de joie coulent sur mes joues d'un corps trop sensible à ces choses naturelles extraordinairement belles qui nous entourent et que presque plus personne ne voit trop occupées à surfer des jeux d'écrans sur toile d'internet non communicante. Espèce classée prioritaire dans la liste rouge de la société botanique du Centre-Ouest, les fritillaires sont protégées dans six régions et une trentaine de départements.

    Bien insuffisant à mes yeux , car en une quarantaine d'années ses effectifs ont considérablement reculé. Les biotopes de prairies humides disparaissent à la vitesse d'un TGV qui zèbre les campagnes d'un point A conglomérat urbain bétonné et bitumé, à un point B zone commerciale attractives pour bedeaux en mal de babioles à remplir les poubelles. ( Merci, Notre-Dame des Landes, futur tarmac sur bocage humide). Arrêtons le massacre, favorisons la restauration et le maintient des prairies humides relictuelles qui existent encore, limitons au strict nécessaire l'usage des fertilisants et traitements phytosanitaires, favorisons le pâturage raisonné si possible extensif. Ainsi, l'eau redeviendra eau pure pour que Fritillaire perdure et nous avec.

    Et pour les passionnés qui aiment voir ICI fritillaria-meleagris.

    Et encore là .ne-me-cueillez-pas-merci

     


    6 commentaires
  • Quelques jours plus tard , le lot de cerneaux de noix obtenu lors de notre veillée aux tricottes musiciennes est prêt pour sa transformation en huile. L'occasion d'une joyeuse sortie au moulin de Vouthon pour quelques-uns des membres de « La Grange du Père Brault ».

    Moulin de Vouthon édition 2017Moulin de Vouthon édition 2017Le Président de notre association, tel un Cadichon, entre au moulin lourdement chargé sous le poids des noix décortiquées accompagné de sa suite. Le Meunier nous accueille en large sourire et grande cérémonie. Comme chaque année emporté par sa passion du métier il nous explique le processus de transformation pour élaborer le précieux liquide doré. L'histoire a été relatée ICI.le-moulin-de-vouthon en avril 2014. En fin d'exposé, Maître Meunier de Vouthon, offre sa tournée générale. Nous goûtons huile de noix pression à froid, puis à chauffe légère . Les saveurs en bouche sont sublimes. Finalement un peu d'huile de noisette termine ce breuvage pour les palais demandeurs de saveurs comparatives.

    Moulin de Vouthon édition 2017Après pesée et vente de nos cerneaux, au vu de la qualité du produit porté, ils finiront cette année en huile 1ère pression à froid dans de jolis flacons en céramique pour exportation au Canada.. Même à l’échelle locale pour s'en sortir un petit moulin niché au creux de la rivière « La Tardoire » en Charente profonde du côté de Montbron doit s'ouvrir au commerce extérieur. Décidément la mondialisation des grandes et petites marchandises nous talonne. Planète Terre serait-elle devenue minuscule ? Sept milliards d'humains l’occupent, il faut bien nourrir tout ce beau monde; Les pauvres un peu, les riches surtout.

    Devinette: Reconnaissez-vous ce mobilier de meunier ? 

    Bonne semaine à toutes et tous.

     


    5 commentaires
  • 200 espèces se seront éteintes entre ce matin zéro heure zéro minute une seconde et ce soir à vingt trois heures cinquante neuf minutes cinquante neuf secondes. Demain 200 espèces supplémentaires s’éteindront. Et les jours suivants il en sera de même. Le grand pingouin Arctique a disparu de la planète Terre au 19è siècle. Il ressemblait à ses frères et nos frères actuels de l'Antarctique d'aujourd'hui pas encore totalement exploités ni disparus. Dommage pour nous les hommes d'aujourd'hui qui en avons oublié l'existence. Le kakapo de Nouvelle-Zélande vous connaissez ? C'est un oiseau sorte de gros perroquet qui marche plus qu'il ne vole. Hélas ses derniers jours sur notre maison commune planète Terre sont comptés. Une centaine survit, auprès de quelques zoologistes fous de vie, qui tentent de les sauver de l'extinction.

    http://www.zupimages.net/up/17/06/9tix.jpg

    Ainsi va le monde en plein développement d'illusions durables en ce 9 février 2017.

    "Qui peut dire à l'homme ce qui sera après lui sous le soleil?"

    Ecclésiaste 6.12

    Bonne journée


    5 commentaires
  •  

    Titre : Pin blanc, Pin de Weymouth, Pin du Lord, Pinus strobus

    En sous titre : Pin blanc qui a mangé son pain blanc.

     

    Pin blanc,pin de Weymouth, pin du Lord, Pinus strobus (en sous titre : décadence du pin blanc)Parti à la conquête de l'Amérique du Nord il y a quelques dizaines de millions d'années, je me suis répandu tranquillement sur des millions d'hectares de forêts matures. L'homme n'était pas encore là pour satisfaire ses appétits de conquêtes destructives.Je suis ainsi devenu pendant un certain temps, l'un des arbres les plus haut sur Terre. Je pouvais atteindre pas loin de 90 mètres de hauteur pour un diamètre de 2,50 mètres . Jusque dans les années 1600 , je régnais en maître depuis la Géorgie aux États-Unis, Ontario, Québec, les Maritimes, et jusqu'à l'île de Terre Neuve au Canada. J'étais le roi des arbres d'Amérique.

    Les Iroquois, peuple autochtone, m'utilisèrent pour me transformer en canots géants sur lesquels pouvaient embarquer 40 personnes. Mais un jour de 1806, je me suis mis à trembler et de là à décliner. Les grandes compagnies forestières se sont mise à l’œuvre pour m'exploiter à outrance. Résultat, une perte génétique des plus grands spécimens de mon espèce fait qu’aujourd’hui, il n’existe plus de pins blancs supérieurs à 65 mètres. Je ne suis plus le roi de la forêt.

    Pin blanc,pin de Weymouth, pin du Lord, Pinus strobus (en sous titre : décadence du pin blanc)Mais certains hommes m'aiment bien tout de même car ils me plantent encore dans leurs reliques de parcs et jardins pour admirer mon feuillage en fines aiguilles douces et souples d'une longueur de 5 à 14 cm et groupées par 5 sur mes rameaux. La face inférieure de mes aiguilles persistantes de 2 à 5 ans possèdent 2 bandes de stomates argentés.. Mon fruit est un cône pendant de 10 à 20 centimètres et renferme des graines de 5 mm munies d'une longue aile. Mes premiers fruits apparaissent lorsque mon âge atteint la trentaine. Ce qui est très jeune par rapport à ma longévité qui dépasse les 200 à 400 ans voir plus de 1000 ans . Mais ceci était bien avant l'arrivée des hommes sur planète Terre . En Europe ma taille fait figure de nain car je dépasse très rarement les 25 à 30 mètres. La preuve, photographié ici à l'Isle d'Espagnac à moins de 200 mètres de la mairie, je mesure environ 15 mètres et commence juste à fructifier. Hélas je suis déjà en sursis de longévité et je n’atteindrai jamais l'âge de mes ancêtres car je suis seul à me battre contre la venue d'un lotissement de trois lots à bâtir pour loger quelques uns de mon ennemi tant redouté : l'homme inconscient des beautés du monde dont nous faisons pourtant partie intégrante, lui avec moi .


    5 commentaires


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique